Take a deep breath !
" Vite, un bol d'air ! "
Près d'un mois de stage s'est déjà écoulé. Que le temps passe vite a bord du navire urbain. Tout comme le mal de mer, difficile de parler temps d'adaptation mais parlons plutôt de temps d'acceptation. Je n'aime résolument pas me faire ballotter par l'agitation urbaine. Mais inexorablement, Casablanca m'arrache chaque matin à mes rêves les plus doux par le rugissement de ses Klaxons. Là s'enclenche le mode automatique de tout bon cadre casablancais : café/douche/costume/taxi avec bien sûr une profonde inspiration avant de tirer sa chaise et s'assoir derrière son bureau. Les jours se suivent, mais nous nous efforçons de ne pas (trop) les faire se ressembler.
Un temps de respiration s'impose !
" Merci à toi Mahomet... "
Le 24 janvier de chaque année, les peuples muslmans fêtent la naissance de leur prophète Mahomet. Comme pour chacune des fêtes religieuses du calendrier, deux jours fériés sont prévus à cet effet, contre un seul pour les fêtes nationales.
La fête du Mawlid, est un évènement majeur et particulier à la fois pour les peuples musulmans. En effet ce n'est pas une fête religieuse comme les autres car l'Islam ne pratique pas le culte de la personne en général. Il s'agit donc plus d'une fête traditionnelle que d'une fête religieuse au sens propre du terme. À cette occasion, les familles et amis se retrouvent pour commémorer ensemble la naissance du prohète autour de bons plats ainsi que par différents cultes religieux propres à chacun.
Mais pour moi, ces deux jours "off" enchainés du week-end, sont l'occasion rêvée de prendre un peu le large et partir à la découverte de la ville côtière d'Agadir. Après avoir mis en concurrence quelques agences de location de voitures, réservé un petit appartement en bord de mer à Taghazout et tracé mon itinéraire sur GoogleMap, je trépide d'impatience à l'idée de quitter l'agitation casablancaise pour enfin respirer un peu d’air iodé...
" Bonjour Agadir ! "
Pour le trajet, j'ai fais le choix d'emprunter l'autoroute jusqu'à Marrakech, de m'y arrêter déjeuner, puis de m'engager sur la route nationale en direction d'Agadir. Malgré tous les dangers des routes nationales marocaines que sont, les scooters, vélos, piétons, ânes et animaux en tous genre qui circulent de façon hasardeuse en bord de voie, je ne regrette pas ce choix. J'ai en effet été plongé dans des paysages à couper le souffle et d'une diversité rare. Ce trajet m'a enfin donné à voir le Maroc et ses habitants sous un angle plus "authentique".
Après avoir parcouru plus de 500 km, avoir montré pâte blanche à pas moins de quatre barrages de police et m’être perdu un bon nombre de fois, me voilà enfin arrivé !
Premières impressions : je n’entends plus le bruit des Klaxons, la circulation se passe en douceur, les gens marchent de façon décontractée, le tissu urbain est lâche, les routes larges et arborées, la plage s’étend à perte de vue et les montagnes en fond de toile... Un sourire s’esquisse alors sur le bord de mes lèvres ; «Agadir, le Biarritz marocain» me dis-je.
Le soleil commence à plonger dans la mer, les collines de la ville s’illuminent comme par magie de la devise du Royaume, je décide donc de me rendre à l’appartement réservé à Taghazout sur les conseils d’un ami. À une quinzaine de minutes d’Agadir, le nom de ce petit village ne vous est peut-être pas inconnu. C’est en effet un spot très prisé des surfeurs pour sa tranquillité et bien évidemment pour ses vagues. Manque de chance, la houle ne fût pas au rendez-vous ce week-end ci. Aussitôt arrivé devant la résidence, le gardien ouvre la porte et m'accueille chaleureusement. Malgré mon arabe encore très approximatif, j’échange avec lui les quelques formules usuelles que j'ai pu retenir et me voilà dans un charmant petit appartement. Un grand salon marocain, une cuisine, salle de bain WC, une chambre avec lit double donnant sur une belle terrasse vue sur mer... difficile de rêver mieux ! Surtout que hors saison, la location journalière ne me revient qu’à 350 Dhr (env. 35€), après négociation bien entendu. Le temps de déplier ma petite valise et je repars pour arpenter la promenade du front de mer à la recherche d’un restaurant sympa, chose que je n’ai pas eu beaucoup de mal à trouver. S’en est suivi la découverte d’un superbe pub dans lequel j’ai passé le reste de ma soirée : le Pianopiano. Musique live, chicha, prix très abordables (hors alcool, nous sommes tout de même dans un pays musulman...), jolies filles, des rencontres sympas... Tout pour bien entamer ce week-end.
Le lendemain, je décide de prendre la route et m'enfonce dans les montagnes en direction de Paradise Valley. Pour s’y rendre, on doit emprunter la «route du Miel». Nommée ainsi car on y récolte du miel de thym au goût unique, cette route très sinueuse où deux voitures peuvent difficilement se croiser, traverse tantôt des collines dénudées, tantôt des oasis verdoyantes, et est ponctuée de villages minuscules et pittoresques. Après une petite heure, j'aperçois en bord de route un panneau peint à la main pointant un parking de terre rouge : «Bienvenue à Paradise Valley». Je descends de la voiture et me dirige vers un panneau destiné de toute évidence au quelques touristes en quêtes d’expériences authentiques. Je peux y lire que Paradise Valley tient son nom des hippies nudistes qui s'y la "coulaient douce" dans les années 70’...
J’emprunte alors un sentier et décide de suivre deux touristes au look rasta afin de voir vers quoi cela pourra bien me mener. Quelques minutes de marche et me voilà au creux d’une vallée luxuriante où se mêlent lauriers-roses, palmiers et cactus en lit de rivière : un véritable éden. Une gargote de fortune borde le sentier et mon instinct d’éternel gourmand m’y guide dans l’espoir de pouvoir y goûter quelques spécialités. Une fois de plus, ma gourmandise a vu juste. Sans rien demander, me voilà en compagnie de baroudeurs espagnols autour d’un plateau garni d’huile d’olive, huile d’argan, de hamlou (mélange d’amandes pressées de façon traditionnelle, avec un goût très proche du turron que nous connaissons bien), de miel de thym et d'olives noires, le tout accompagné de galettes cuites au four traditionnel et de thé à la menthe... Un vrai délice !
Je garderai pour moi le reste de ce week-end, mais vous vous en doutez : j’en ai largement profité ! Sachez qu’Agadir et ses alentours sont des destinations à ne pas manquer. Les endroits pour sortir, manger, se loger, arpenter des paysages uniques, se la "couler douce" et faire de nouvelles rencontres sont nombreux. Et tout cela pour un budget vraiment raisonnable !
C’est avec nostalgie que je retourne à la réalité du stage et au fourmillement urbain. Mais j’ai rechargé les batteries, pour tenir jusqu’à la prochaine occasion de m’évader à nouveau...